Tous les ancrages ne se retirent pas de la même manière. La méthode correcte dépend du type de fixation, de la façon dont elle a été installée et du résultat recherché : retirer complètement l’ancrage ou simplement préparer la surface pour réparer le sol.
Dans cet article, nous vous expliquons comment retirer des goujons d’ancrage dans le béton selon le type d’ancrage, les outils généralement utilisés, les précautions à prendre et les cas dans lesquels il est préférable de faire appel à des professionnels.
Avant de commencer
Avant d’essayer d’extraire un ancrage du béton, il faut identifier deux éléments : le type d’ancrage présent et le résultat que vous souhaitez obtenir.
Il n’est pas toujours nécessaire de retirer l’ancrage en entier. Dans de nombreux cas, notamment sur les sols industriels, l’objectif réel est d’éviter qu’il dépasse de la surface, afin de pouvoir réparer le trou et préparer le sol pour une nouvelle utilisation.
C’est un point important, car certains ancrages, comme les ancrages à expansion, sont conçus pour rester fixés dans le béton. Une fois installés, ils ne sont pas destinés à être extraits proprement et complètement.

Les principaux types d’ancrages dans le béton
Comme indiqué précédemment, la première étape consiste à bien identifier le type d’ancrage. C’est probablement l’étape la plus importante de tout le processus. Si l’ancrage est mal identifié, il est facile d’utiliser une mauvaise méthode et d’endommager inutilement la dalle en béton.
De manière générale, les ancrages les plus courants dans les sols en béton sont les suivants.
Vis à béton ou ancrage fileté démontable
Ce sont les fixations qui se rapprochent le plus d’une vis conventionnelle. Elles se vissent directement dans le matériau support et, dans de nombreux cas, peuvent être retirées en les dévissant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
Ce type de fixation est réellement démontable. Cependant, les fabricants indiquent généralement que les performances peuvent être réduites si le même trou est réutilisé pour installer une nouvelle fixation. Certains systèmes de vis d’ancrage sont d’ailleurs commercialisés spécifiquement comme des solutions démontables.
Goujon d’ancrage à expansion ou wedge anchor
Le wedge anchor est un ancrage mécanique à expansion. Une fois installé et expansé à l’intérieur du béton, il n’est pas conçu pour être retiré entièrement.
La pratique habituelle consiste à le couper au ras de la surface ou, si le trou initial a été percé suffisamment profondément, à l’enfoncer sous le niveau du sol. Essayer de l’arracher peut provoquer des éclats, agrandir le trou ou détériorer le béton autour de l’ancrage.
Ancrage à douille ou sleeve anchor
Le sleeve anchor fonctionne également par expansion. Dans certains cas, il est possible de démonter la partie supérieure puis de frapper la tige pour l’enfoncer dans le béton. Si cela n’est pas possible, la solution la plus courante consiste à couper l’ancrage au ras de la surface.
Ancrage femelle, drop-in anchor et systèmes similaires
Les ancrages femelles, comme les drop-in anchors, sont installés sous la surface du béton. Une fois posés, ils ne sont généralement pas retirés sans endommager le support.
Dans la pratique, on retire la vis ou la tige filetée, on laisse le corps de l’ancrage sous la surface, puis on rebouche le trou si l’état final du sol l’exige.
Hammer drive, strike anchor ou split drive
Ces systèmes sont souvent plus difficiles à retirer proprement. Dans de nombreux cas, la solution la plus réaliste consiste à couper la tête de l’ancrage puis, selon la situation, à percer ou à laisser le reste de la fixation noyé dans le béton.
Ce sont des ancrages peu adaptés à une extraction propre. Il est donc souvent préférable de raisonner en termes de préparation et de réparation du sol plutôt qu’en termes de récupération complète de l’ancrage.
Les outils généralement utilisés


Les outils dépendent du type d’ancrage et de la méthode choisie. En général, les opérations de retrait ou de neutralisation d’un ancrage peuvent nécessiter :
- des clés ou une clé à cliquet pour démonter les écrous ;
- un dégrippant si l’ancrage est oxydé ;
- une meuleuse ou un disque de coupe pour couper au ras ;
- un marteau et un chasse-goupille ou un poinçon pour enfoncer l’ancrage ;
- une perceuse ou un perforateur lorsqu’il faut libérer du matériau ou reprendre le trou.
Sur les sols en béton, il est également important de prévoir une aspiration adaptée pour la poussière et une solution de réparation du support après intervention.
Comment retirer un goujon d’ancrage selon le type de fixation
C’est ici que la méthode change réellement selon le type d’ancrage.

1. Si l’ancrage est une vis à béton
Si l’ancrage est fileté et démontable, la méthode la plus simple consiste à le dévisser dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, comme une vis classique.
S’il résiste à cause de la corrosion, de la poussière ou de saletés accumulées, il peut être utile d’appliquer un dégrippant et de le laisser agir avant de réessayer.
C’est le cas le plus favorable. Toutefois, si vous prévoyez de fixer un nouvel élément au même endroit, il ne faut pas supposer que le même trou conservera les mêmes performances. Les fabricants et les ressources techniques spécialisées indiquent que la résistance de la fixation peut être compromise si le trou est réutilisé.
2. Si l’ancrage est un goujon à expansion
Dans le cas d’un wedge anchor, retirer l’écrou et la rondelle ne signifie pas que le goujon pourra sortir du béton.
Une fois expansé dans le support, l’ancrage reste généralement bloqué. Les deux solutions pratiques les plus courantes sont donc de le couper au ras de la surface ou de l’enfoncer sous le niveau du sol, à condition que le perçage initial soit suffisamment profond.
Ce point est essentiel : avec ce type d’ancrage, “retirer le goujon” ne signifie pas toujours l’extraire entièrement. Dans de nombreux cas, cela signifie surtout supprimer tout élément saillant afin de pouvoir réparer et réutiliser le sol.
3. Si l’ancrage est un sleeve anchor
Avec un sleeve anchor, on retire généralement d’abord l’écrou et la rondelle. Ensuite, dans certains cas, il est possible de frapper la tige pour l’enfoncer dans le béton et la placer sous le niveau de la surface.
Si l’ancrage ne descend pas ou s’il n’y a pas assez de profondeur disponible, l’alternative habituelle consiste à le couper au ras.
4. Si l’ancrage est un ancrage femelle, comme un drop-in
Pour les drop-in anchors et les ancrages similaires, la méthode habituelle consiste à retirer uniquement la vis ou la tige filetée et à laisser le corps de l’ancrage à l’intérieur du béton.
Comme ces ancrages sont installés sous la surface, il arrive souvent qu’aucun élément ne dépasse une fois la fixation démontée. Le trou peut ensuite être rebouché ou couvert si l’aspect final du sol l’exige.
5. Si l’ancrage est un hammer drive, strike anchor ou split drive
Ces systèmes nécessitent souvent une coupe. Dans certains cas, on coupe la tête de l’ancrage puis on perce le corps restant. Dans d’autres cas, on coupe simplement la partie qui dépasse et on répare la zone.
Ce sont des ancrages difficiles à extraire proprement. Dans ce cas, il est souvent plus logique de chercher à préparer correctement le sol plutôt qu’à récupérer l’ancrage en entier.
Quand faut-il couper ou enfoncer l’ancrage plutôt qu’essayer de l’extraire ?
C’est l’un des points les plus souvent négligés. Sur chantier, il n’est pas toujours intéressant de retirer l’ancrage complet si cette opération risque de casser les bords du trou, de créer un cône d’arrachement ou de laisser une réparation plus importante que nécessaire.
C’est pourquoi, pour les ancrages à expansion, on privilégie souvent l’une de ces deux solutions : couper l’ancrage au ras ou l’enfoncer sous la surface.

Ces deux méthodes permettent de mieux réparer le support et de laisser une base plus propre pour un nouveau revêtement, une nouvelle installation ou une future réhabilitation du sol industriel.
Précautions importantes avant et pendant l’extraction
Dans ce type d’intervention, il ne suffit pas de porter des lunettes de protection. Lors du perçage, de la coupe ou du nettoyage du béton, il est possible de générer de la poussière de silice cristalline respirable.
Les bonnes pratiques de sécurité imposent de limiter l’exposition à cette poussière au moyen de systèmes d’aspiration adaptés, de dispositifs de captation à la source ou, lorsque cela est approprié, de systèmes à eau. Les travaux de perçage et de découpe doivent être réalisés avec des équipements adaptés et, idéalement, avec une aspiration efficace.
Il faut également éviter le balayage à sec lorsque celui-ci peut remettre de la poussière en suspension. En pratique, cela signifie :
- porter une protection oculaire et auditive ;
- contrôler correctement la poussière ;
- utiliser une aspiration adaptée ;
- éviter de nettoyer la zone par balayage à sec ;
- choisir la bonne méthode de coupe ou de perçage pour ne pas agrandir inutilement les dégâts.
Comment réparer le trou après avoir retiré l’ancrage
Une fois l’ancrage retiré, coupé ou enfoncé, l’étape suivante consiste à remettre le support en état.
Il faut d’abord nettoyer soigneusement le trou et retirer la poussière, les particules détachées et les éventuels résidus métalliques. Ensuite, selon la taille du dommage et l’usage futur de la surface, il est possible de réparer la zone avec un mortier ou un composé de réparation adapté au béton.

Si l’objectif est de remettre le sol en service, d’installer de nouveaux rayonnages, de préparer une dalle pour un autre revêtement ou de réaliser une rénovation plus large, cette étape est aussi importante que le retrait de l’ancrage.
Retirer correctement un ancrage n’a que peu d’intérêt si le trou reste fragile, mal nettoyé ou mal réparé.
Quand faut-il faire appel à des professionnels ?
Dans certaines situations, il n’est pas rentable de continuer à essayer par ses propres moyens. C’est notamment le cas lorsque :
- l’ancrage est très déformé ;
- il y a de nombreux points à retirer ;
- le sol doit rester propre et correctement réparé ;
- la dalle va recevoir du trafic logistique, des machines ou un traitement ultérieur ;
- l’intervention fait partie d’une rénovation plus complète du sol industriel.

Dans ces cas, il est préférable de faire appel à des professionnels. Le but n’est pas seulement de retirer le goujon, mais de laisser la surface correctement préparée pour son prochain usage.
Service de retrait de goujons d’ancrage dans les sols en béton
Chez BECOSAN®, ce type d’intervention fait souvent partie de la préparation complète des sols en béton avant une réparation, une réhabilitation, un changement d’usage de l’espace ou après le démontage de rayonnages industriels.
Le retrait d’ancrages, de boulons, de vis et d’anciennes fixations est très fréquent dans les entrepôts, les centres logistiques, les bâtiments industriels et les surfaces où des rayonnages, machines ou installations ont été démontés.
Dans ces situations, l’important n’est pas seulement de retirer l’ancrage. Il faut aussi limiter les dommages sur la dalle, réparer correctement le support et laisser le sol prêt pour la phase suivante des travaux.
Si vous avez besoin de ce service ou si vous souhaitez évaluer la meilleure façon de supprimer des ancrages sans compromettre le béton, vous pouvez consulter notre service de retrait de vis et d’ancrages ou nous contacter pour étudier votre cas.



